J’espère avec quelques mots, un peu d’humour mais un peu de sérieux aussi, laisser une trace de cet épisode sombre et surtout vous distraire chers amis.
Comme vous (j’espère), je suis très consciente de la gravité de l’épidémie et j’aimerais pouvoir vous apporter un petit moment de légèreté.

dimanche 5 avril 2020

Chapitre 10 : Quand ton dimanche tranquille est devenu ton premier jour de confiné (ou presque)


Aaaaaaah on est dimanche ! Le jour de la grasse mat, des croissants, des retours de cuite, du nettoyage de le maison, des repas de famille, du seigneur… Peut-être mais ce dimanche-là, je crois qu’il nous avait oublié, depuis quelques temps en fait. Certes on est loin des sept plaies d’Egypte mais une bonne petite pandémie on en avait pas eu depuis bien longtemps. L’humanité elle aurait pas pris une direction qui te plait pas trop à toi là-haut ? Mais bon quand on y réfléchit, c’est pas une super stratégie pour regagner des fidèles sur ce coup, d’autant qu’ils peuvent plus se réunir auprès de tes envoyés (de quelques confessions que vous soyez). même le pape il va faire Pâques tout seul ou presque.
On peut défendre la stratégie de l’introspection et du travail sur soi-même mais au final quand on voit comment ça tourne, on ne va pas dire que ça améliore vraiment l’humanité. Mais je m’égare.

Dimanche 15 donc, le jour où tu as pris conscience que tu allais devoir rester chez toi avec ton bébé, ton mari, ton chien, ton chat et ton 2e enfant ou alors chez toi tout seul avec Netflix, ta console, ton oreiller, ton ordi et ton smartphone (l’outil indispensable du confinement).
Oui parce que tandis qu’on nous faisait le décompte et la promo des élections à la télé (elle est vraiment toujours allumée celle-là), la population française avait eu une grosse prise de conscience collective, on était dans la m*****. Certes celle-ci s’était émaillée sur plusieurs jours et oui certains ne l’auront jamais mais globalement on y était.

Donc après avoir passé un samedi à voir les amis, la famille, sortir etc (oh c’était le week-end hein), on y était pour de bon, les français allaient devoir limiter leurs interactions sociales, télé-travailler tout en gardant leurs enfants, rester à la maison et tutti quanti comme en Italie (ou presque). Il y a des exemples à suivre et d’autres qu’on n’aimerait mieux pas. Mais bon on ne nous avait encore rien dit (musique de suspense) … officiellement.
Et c’est là que tout a basculé (musique de drame), que les familles ont été appelées pour dire qu’on ne viendrait pas manger ce soir, qu’on a commencé à se renseigner sur les logiciels de visioconf, qu’on a recensé les provisions, qu’on a badé un moment et le pire, la soirée électorale de la télé, elle s’est transformée en un reportage mi élection/mi-coronavirus, joyeux mélange. On ne peut plus compter sur rien de nos jours ma bonne dame.

Ce fameux dimanche, les français terminaient aussi d’organiser la garde de leurs enfants. Et bien oui, parce que le jeudi, Manu il avait aussi annoncé la fermeture des crèches et des établissements scolaires  (annonce saluée d’un grand vivat d’ailleurs lors de ma fameuse soirée au bar, une table de profs ? Les pauvres si ils savaient pour les cours à distance… mais chut laissons les jubiler). Donc fermeture le lundi suivant, on vous l’a dit quand il se lance à prendre des mesures, il faut pas lambiner.
Heureusement Mu-mu (Muriel Pénicaud la ministre du travail, oui on les connait bien maintenant les membres du gouvernement) elle avait tout prévu. Le 13 les parents d'enfants de moins de 16 ans qui « ne peuvent pas recourir au télétravail » avaient droit automatiquement à un arrêt maladie. Ouf sauvés le peuple savait quoi faire de ses petiots. Certains ont même prévu une garde alternative (nounou, grands-parents etc.).
On avait quand même un peu tiqué, l’arrêt c’était quand on ne pouvait pas recourir au télétravail. Alors que sinon il est évident qu’on peut garder ses enfants en même temps (mais je n’irais pas plus loin, quelques anecdotes sur le sujet un peu plus tard).

Petit à petit, au cours de la semaine précédente, on avait entendu parler de télétravail autour de nous. La France, pays un peu en retard sur le sujet par rapport à certains de ses voisins européens (6% pour nous contre 14% aux Pays-Bas et en Finlande, oui je donne de l’info moi aussi), avait été encouragée à le mettre en place pour ses salariés. Manu avait même dit le jeudi : « Quand cela est possible, je demande aux entreprises de permettre à leurs employés de travailler à distance. Les ministres l'ont déjà annoncé, nous avons beaucoup développé le télétravail. Il faut continuer cela, l'intensifier au maximum." On rigole, on n’était tellement pas prêts pour ça !
Même dans les administrations, où ils avaient pourtant reçus des circulaires préparatoires la semaine précédente (chut je ne citerais pas ma source), ils n’avaient pas de quoi fournir du matériel à tous. Dans certaines entreprises, tout a été chargé dans la voiture du salarié qui était justement véhiculé ce jour-là et qui est reparti chargé de 3 personnes et leur matériel (toujours anonymat pour ma source). C’est beau la distanciation sociale.

Mais bon ça allait nous faire expérimenter le sujet et pourquoi pas faire évoluer les habitudes et les mentalités (quoi on peut rêver non ?).

vendredi 3 avril 2020

Chapitre 9 : Quand on a fermé ton bar préféré, ta boutique favorite et ouvert la porte aux survivalistes


On était encore bien, mais pas pour longtemps. Notre ami Manu il n’allait pas tarder à reparaître dans notre poste.
Mais d’abord, il a demandé à son copain Edouard Philippe de participer. Comme on était que deux jours après (le 14 mars si vous n’avez pas suivi) il fallait bien varier un peu les personnages. Et puis Ed. il a une bonne tête de mec sérieux. D’ailleurs on le verra parler souvent ensuite, encore plus que Manu, dans la salle de presse, devant l’Elysée… Faut varier les décors à défaut de varier les sujets.

Ce jour-là, les français ont vu apparaitre sur leur écran (de télé ou de smartphone selon) leur cher premier ministre qui lui, trouvait que « les premières mesures prises de limitation des rassemblements étaient imparfaitement appliquées ». Bizarre, il y a deux jours on nous a dit qu’on avait été bons sur les gestes barrière et tout non ?
Il y a eu trop de gens dans les cafés, dans les restaurants parait-il. Tu m’étonne, ils ont sentis le vent tourner, ils ont voulu en profiter. Et puis c’était le printemps, au premier soleil, hop tout le monde dehors ; phénomène millénaire, ou du moins séculaire. La pluie aurait certainement plus ralenti la diffusion de Coro (mais on y reviendra). Quoiqu’on avait aussi entendu qu’il pourrait ne pas résister à la chaleur… rumeurs, rumeurs.

Donc finalement entre ce samedi et le jeudi précédent, pouf nous voilà passés en stade 3 (aie aie aie).
Le problème on vous a expliqué c’est que « le virus circule librement dans l'hexagone ». Ah si on avait pu lui trouver une jolie combinaison orange (il parait que c’est le nouveau noir) ou le mettre en quarantaine, mais voilà Coro il se balade partout. Grosse surprise non ?

Du coup, le soir même, eh oui quand il se lance le gouvernement il ne faut pas lambiner derrière, ils annonçaient la fermeture dès minuit des lieux recevant du public non essentiels.
Dans votre bar préféré, à la boutique aussi (etc) ils avaient recruté un vigile pour compter le nombre d’entrées et respecter le nombre maximum autorisé. Incroyable ce que la profession avait vu baisser son taux de chômage en peu de temps (comme quoi il y avait des effets positifs). On en a vu devant toutes les portes, ou presque.
Eh bien pas pour longtemps puisqu’il fallait maintenant tout fermer.

Face à ce phénomène on a vu fleurir au cœur du patrimoine humain français plusieurs types de réactions (c’est parti pour une petite catégorisation, vous avez l’habitude maintenant) :
1-     Les paniqués, barricades et branle-bas de combat pour s’approvisionner en tout et ne plus avoir à sortir, jamais ou presque. On pourrait les croire issus de la classe des précurseurs (voir chapitre 6) mais pas que et pas tous. On a aussi vu se transformer certains des plus détendus voir certains nihilistes en des survivalistes chevronnés (dont on se moquait tant il n’y a pas si longtemps).
2-  Les raisonnables, où on retrouve une grande partie des précurseurs, on comprend, on s’organise, on suit les directives et tout et tout (c’est là qu’on espère avoir une grande partie de la population dans cette catégorie)
3-     Celui qui n’a toujours pas compris QUE C’EST GRAVE et qui continue à faire sa petite vie comme si de rien n’était, bon pas pour longtemps mais ça il ne le sait pas encore ; quoiqu’il trouvera toujours le moyen de faire comme il souhaite…
4-     Celui qui a bien compris mais qui va quand même aller faire une méga fiesta le samedi avant que tout soit fermé, parce que justement « c’est la dernière ». Dans le principe c’est pas ce qu’on vous a demandé mais ça dénoterait presque une certaine prise de conscience… ou pas.
Je suis sûre que cela vous évoque certaines personnes, non ?

Il faut savoir qu’à ce moment-là, ce même jour, en Espagne c’est une quarantaine quasi totale qui avait été décidée. Enfin, Pedro Sanchez leur annonce le droit de sortir pour aller travailler ou d'autres raisons de première nécessité comme acheter à manger mais « L'interdiction de circuler dans les rues […] est obligatoire à partir d'aujourd'hui » . Ouh petits joueurs les français à côté.
Et puis le verdict final, Berlin est tombé aussi (il y a vraiment des réminiscences de la guerre dans cette histoire). La fin de tout, même la « capitale de l’électro », des bars et des clubs branchés avait dû abandonner, et pourtant ils en avaient vu d’autres.
Au final (spoiler alerte) ils s’en sortiront quand même mieux.

Mais nous en France on avait autre chose, , on avait la résistance, nous le dimanche on avait les élections municipales, et ça ce n’était pas fermé.

mercredi 1 avril 2020

Chapitre 8 : Quand tu as vu Manu à la télé

A force, tu avais quand même fini par comprendre, le Covid19 on allait se le prendre dans les dents, ou dans le nez ou dans les muqueuses ou … On sait pas bien encore par où ça passe cette vilaine petite chose là.

C’est alors qu’une majorité d’entre nous a décidé de se fier au gouvernement, bon pas trop quand même, on reste des français réfractaires et manifestants. Mais pour une fois on allait pas descendre dans la rue pour protester contre un de nos problèmes (oui ça aurait pas été pratique avec les 1 m d’espace entre chacun pour faire le cortège).

Il faut noter qu’on avait déjà essayé avant, on est quand même pas si irresponsables. A travers la petite boite noire qui parle dans le salon (toujours elle), on avait entendu notre gouvernement : « Au moment où je vous parle la situation est maîtrisée. », « Il n’y a aucun risque sanitaire, la situation est sous contrôle. », « Il n’y a pas de raisons de s’inquiéter outre mesures », « les risques de propagation du virus dans la population sont très faibles »… Et on avait pu retourner à notre petite vie rassurés.

Mais bon depuis le vent a tourné, et c’est pas une douce brise de printemps qui s’annonçait. Alors, puisque nous sommes une grande nation démocratique, on a décidé de suivre nos dirigeants bien aimés, on les a élu quand même, c’est pour gérer. Petit peuple, aie confiance (tu l’entends la voix de Kaa là – référence cinématographique accessible uniquement à un public dédié).
En plus ils maintiennent les élections municipales donc ils doivent savoir ce qu’ils font (non ?).

Du coup, on a pris plus de précautions puis on a attendu, tel l’appel du général de Gaulle, l’apparition de Manu dans la télé. On était pas dupes, on avait bien compris (quand même on avait l’Italie sous les yeux) comment ça allait finir cette histoire, on avait bien devinés qu’on allait être confinés. En revanche ce qu’on n’avait pas compris c’est que c’était la guerre ! Rien de moins messieurs dames les français. C’est reparti comme en 14.

Mais je vais un peu vite, le 12 mars, on a d’abord eu une mise en bouche (non les restaus ça ne me manque pas non). Au départ, notre cher président il nous a presque filé un petit doute, est ce qu’on allait finalement passer à travers ? « Dans l'immense majorité des cas, le Covid-19 est sans danger »  Aaaaah youpi J
« … mais … » et tout était dans ce qui suivait ce petit mot car en fait si ! Bouuuuuuuh L

Une petite session cirage de pompes des personnels médicaux plus tard (et il y en aura beaucoup, en même temps vu ce qui les attendaient c’est pas cher payé, on y reviendra), c’était notre tour : « Tous, vous avez su faire face en ne cédant ni à la colère, ni à la panique. Mieux, en adoptant les bons gestes, vous avez ralenti la diffusion du virus et ainsi permis à nos hôpitaux et nos soignants de mieux se préparer. »
Aaaah tout est bien, tout est beau au pays des bisounours. Merci à ce cher peuple français, si respectueux des règles (c’est bien connu). Et tous en plus, aaaaah félicitons nous, range le tel et reprenons une tournée pour fêter ça ! Bah oui on était dans un bar du quartier avec des amis, on était jeudi. Je ne l’avais jamais vu si plein d’ailleurs (tiens ça ne colle pas vraiment avec ce qu’on vient d’entendre non ?).

Pour ceux qui ont écouté la suite malheureusement nous nous étions enjaillés trop tôt. Les vieux et les fragiles, ils ont eu ordre de rester à la maison (finalement ça ressemble vraiment à la mobilisation). Et puis on nous a dit que la propagation s’accélérait, que les personnes vulnérables devraient être hospitalisées, puis que finalement les jeunes seraient aussi touchés, que les hôpitaux devraient se développer, qu’il faudra faire de plus en plus de sacrifices pour gagner du temps, que l’économie va en prendre un coup… Bref que du très réjouissant, je vous avais dit après le « mais », c’était mauvais.
Quoique, au final on était toujours au stade 2, qui pour certaines évoque encore cette émission du week end où des beaux gosses en short pouvaient encore courir en groupe (ah c’était le bon temps).
On pouvait encore trainer au parc en famille, passer chez des amis… et même aller à des rassemblements de 99 personnes, on était bien.

lundi 30 mars 2020

Chapitre 7 : Quand 2 corona = 1 mort subite

Avec la pandémie vient la connerie, non pas celle du retard de prises de mesures, bien que oui celle-là aussi ! Mais là je parle de la gentillette, celle de l’humain, le moment où on voit fleurir sur le net (et ailleurs) toute la splendeur de l’intelligence humaine entre vidéos humoristiques, textes satiriques et toute la clique (amis de la poésie, à nouveau bonsoir).
Mais pas que, car il y a des choses franchement drôles, bien trouvées ou simplement qui nous permettent de décompresser (oui quand même).

Une des premières qu’on a entendu (enfin moi) c’était une campagne de pub ; comme souvent relayée par le bouche à oreille, ou plutôt par le bouche à bouteilles puisqu’il s’agissait d’une boutique bruxelloise qui avait créé une offre « 2 corona = 1 mort subite » (les deux étant des marques de bières, sous-titre pour les non-initiés, si il en reste). On a beau se moquer des blagues belges, là on se dit que quand même certains ont de la suite dans les idées. Et visiblement il n’y a pas que nous, puisque justement nommée « le vaccin du moment », cette offre a fait le tour des réseaux du monde.
Bon après comme dirait l’autre, ça c’était avant ; puisque début mars, alors que l’épidémie menace (ah bon ?), la chaîne de magasins décide de retirer sa promotion, par peur des retombées sur son image. Et pourtant, vu ce qui est sorti après, franchement on n’était pas à ça près…

Parce qu’après on en a entendu et on en a vu ! Vous ne regrettez pas le temps où l’épidémie était encore loin (plus tant que ça) et où les quelques blagues sur le sujet faisaient rire (ou au moins sourire) ?
Car ensuite on est passés à du lourd, les fameuses chaînes infos sont passées en mode mitraillette (la métaphore guerrière est de rigueur, Manu il a dit qu’on était en guerre). Notre télévision s’est transformée en décompte morbide : le nombre de cas, le nombre de morts, par pays, par tranches d’âges (j’aurais pas dû arrêter mes études de statistiques moi, il y avait un coup à faire), le temps d’attente devant les supermarchés, le nombre d’amendes pour sorties sans attestations (ah un futur chapitre), le nombre de promenades possibles pour ton chien dans une seule journée… Mais je m’égare.

Pour ne pas sombrer dans la déprime, on a trouvé une solution, les infos un moment dans la journée (quand même on veut se tenir au courant) et puis sinon on va retourner voir l’ami internet, la mine de données. Mais attention, depuis le temps, la mine, elle s’est transformée en labyrinthe. A toi de savoir trouver ton chemin au milieu des infos morbides, des blagues à 2 balles et des récriminations en tout genre. Si tu ne sais pas ce que tu cherches, passe ton chemin mon petit, tu vas être aspiré dans ces abysses.

Oui parce que le virus non seulement il rend malade mais ce qu’on ne vous a pas dit c’est qu’il attaque le cerveau. Non vous êtes sûrs ? Alors comment vous expliquez l’émergence puis l’abondance des images et vidéos soit disant humoristiques sur le sujet qui fleurissent sur la toile ?
Oui j’ai dit que j’avais aimé la 1e mais elle était relativement bien trouvée non ? Et puis c’était la 1e ! Elle a été suivie d’une 2e, d’une 3e, d’une 10e, d’une 50e… Pour le coup je ne dirais pas « plus c’est long plus c’est bon » mais plutôt qu’on adhère au « charme de la nouveauté ». Eh oui en bonne société de consommation, on a liké les 1e blagues mais très vite on s’est lassés. s
Enfin pas tous… malheureusement.

J’ai sorti ma pancarte « rabat-joie » et « elle a pas d’humour » mais maintenant je la range pour vous dire qu’on a en quand même bien besoin de notre dose de rires et de sourires dans le bordel ambiant donc merci à tous ceux qui essaient d’en transmettre (surtout quand c’est bien fait) , je vais pas plus loin, je veux pas vous spoiler Manu dans la télé.

jeudi 26 mars 2020

Chapitre 6 : Quand finalement ce n’était pas juste une grippe

Il faut être bien conscients qu’à ce stade de l’histoire la population française se déclinait en plusieurs profils (non non je n’aime pas catégoriser les choses nooooon) :
·       Type 1 – On en a parlé précédemment, ceux qui ont ouvert la voie, les précurseurs, les maîtres jedis, ceux qui l’ont vu venir… Bref ceux qui y pensaient déjà avant. On dira que ce sont des gens avisés ou des gens très stressés, je ne vise personne ;)
·       Type 2 – Avant quoi ? Avant qu’on voit Manu à la télé (ah un grand moment mais on y reviendra). Les raisonnables dirons-nous, ceux qui avaient commencé à penser au gel hydro-alcoolique, à arrêter de sortir dans les restaus, dans les bars (certains sacrifices sont plus compliqués que d’autres), à faire de la distanciation sociale… parce qu’ils voyaient bien que ça allait nous tomber dessus (à mon avis ils avaient eu un petit indice avec le confinement en Italie)
·       Type 3 – La classe moyenne, non pas ceux qui ont un salaire entre 1 265 et 2 275 euros (oui c’est la tranche, c’est précis hein), mais la majorité de la population, ceux qui faisaient encore leur vie avec quelques "précautions" et qui ont réalisé à un certain moment que le ciel leur tombait sur la tête ou du moins que la clef tournait dans la serrure de leur appart.
·       Type 4 – Ah le type 4, ceux qui n’ont pas pris la mesure de la situation. Tout un poème mais surtout tout un dilemme : vas-tu te permettre de leur exprimer quelques peu agressivement (ou pas si tu as bien poursuivi tes exercices de yoga à la maison) leur manque de civisme.
Dans cette catégorie on trouve plusieurs degrés. Prenons pour exemple un degré de stupidité plus que moyenne, celui qui ostensiblement prend encore un apéritif en groupe sur les quais ensoleillés à l’aube du confinement, on le fout à la flotte ou pas ?
·       Type 5 – Autres (je vous ai dit, il en faut pour tout le monde)

Donc oui toi le français moyen tu n’as pas forcément réalisé, du moins pas vite, pas bien vite, pas très vite, pas vraiment vite, mais surtout pas assez vite la gravité de la situation. Tu les as pourtant vues les images des italiens qui font du sport sur leur balcon, des gens hospitalisés avec des tuyaux partout etc. mais non l’humain à cette propension à ignorer ce qu’il ne veut pas voir.
On dit : «Tu peux fermer les yeux aux choses que tu ne veux pas voir, mais tu ne peux pas fermer ton cœur aux choses que tu ne veux pas ressentir», c’est beau non ? Et vrai, tu as réussi à mettre de côté la menace de l’ami Coro mais à partir du moment où tu l’as ressentie, tu n’as plus pu y fermer ni ton cœur ni ton esprit (c’était la minute poésie).

En même temps on vous rappelle que durant des semaines, on ne nous a pas vraiment mis face à la gravité de la situation, les mesurettes n’étaient pas à la mesure de la pandémie à venir.
Ainsi ta fameuse meilleure amie qui était partie en week-end en Italie 15 jours avant le confinement, elle est revenue et elle a raconté que... Vous allez me dire, on les connait les histoires qui commencent par « on m’a raconté que » mais là pardon, on a tous ou presque des gens qui sont passés par les aéroports à cette période-là et qui ont rencontré les sévères mesures prises pour éviter la propagation du virus : des affiches !
Bien sûr pour les voyageurs venant de Chine, des mesures plus complètes avaient été prises dès leur montée dans l’avion… on leur a donné un flyer ! Et traduit en chinois ! (bel effort non ?), les incitant à se présenter dans les services sanitaires de Aéroports de Paris si ils avaient des symptômes.
Ouh la la c’est sûr qu’on comprend mieux pourquoi les Aéroports de Paris se disaient « armés » pour faire face à la contamination.

Et avec tout ça, on a pas été épargnés, je me demande bien pourquoi.
Du coup, on a dû prendre des mesures plus coercitives, on a du regarder Manu à la télé.

lundi 23 mars 2020

Chapitre 5 : Quand ton 1er ami est passé du côté obscur de la force


Notre touriste Coro, le voilà donc qui débarque… en France. Bah non en Italie d’abord ? Eh non, en tout cas pas d’après certaines sources, la France a été le premier pays européen à avoir été contaminé par le virus suite à des retours de voyageurs de Chine. En même temps, il aurait eu tort de se priver des merveilles de notre beau pays non ? Même si il est vrai qu’il s’installera d’abord plus confortablement en Italie.

D’autant qu’à l’aéroport, on lui a fait bon accueil, pas de contrôles, de mesures sanitaires… Welcome to France ! Tu vas voir tu vas adorer the french kiss ou même notre traditionnelle bise.
Ah ça il n’a pas pu se plaindre qu’on l’empêchait de circuler, après avoir été coincé derrière des masques asiatiques, détruit par des lavages de mains chirurgicaux… enfin un endroit où on t’accueille à bras ouverts ! Et dans la décontraction, « Le risque d’importation depuis Wuhan est quasi nul, le risque de propagation du coronavirus dans la population est très faible » (dixit le Ministère de la Santé) on a dit donc pourquoi s’en faire ? Ah c’était bon cette atmosphère détendue après tout le stress de l’Asie !

Nous on était tous dans notre petit train-train, métro, boulot, apéro, dodo, boulot, potos, apéros, apéros, apéros… quand on a commencé à entendre dire quelques petits trucs par des proches, et plus que par la télé (tiens tiens ?). Oh rien de bien alarmant « Il ne faudrait plus se faire la bise » mais bon c’est pas pour ça qu’on arrête de le faire, « Oh c’est juste une grippe » - juste une grippe alors pourquoi on l’entend dire si souvent ?, « distanciation sociale » - distancia quoi ? J’ai pas bien entendu, j’étais en cours de salsa, etc.
Cette même fin de semaine, on a eu LA bonne idée, si on se faisait un escape game ça vous dit ? Rien de mieux qu’être enfermé avec 5 personnes dans une pièce exigu où on doit tous tout tripoter pour chercher des indices. Et si on y allait avec les parents (qui ont plus de 60 ans) ? Ça ferait une sortie sympa en famille. Bon on n’est quand même pas inconscients, on a sorti notre gel hydro alcoolique à la fin !

Le mardi suivant, on s’est fait un petit apéro terrasse avec un ami (non le français ne fait pas que picoler). Il faisait tellement doux pour la saison, on a voulu en profiter. Il n’y avait pas grand monde justement (bonheur !). A bien y repenser ça faisait quelques temps qu’il y avait moins de monde dans les bars et les restaus. Hummmm étrange…
Non bon d’accord on n’est pas si innocents que ça quand même, on en avait discuté avec les connaissances et puis notre petit engin dans le salon commençait à le seriner un peu plus fermement.
En fait à ce stade de l’histoire, on était arrivés à ce moment crucial où tout bascule. Tu n’en avais peut-être pas encore conscience ou peut-être que si (encore une fois tout dépend de ton type – voir chapitre 1 ou le suivant) mais tu allais bientôt passer du côté obscur de la force, là où on croit que le coronavirus, c’est grave !

Le côté obscur justement, c’est peut-être toi qui y étais en fait, du côté où on ne faisait pas assez attention. Parmi tes amis, l’un d’entre eux t’avait pourtant montré le chemin. Ce maître Yoda des temps modernes avait lui pris l’ampleur de la catastrophe depuis déjà plusieurs semaines. Son mantra était devenu plus de métro, plus de bar, plus de sorties… bon boulot quand même (obligé). Incompris comme bien souvent, il suscita quelques gentilles plaisanteries sur son excès de prudence. Au final, on aurait dû se méfier, rira bien qui rira le dernier.

samedi 21 mars 2020

Chapitre 4 : Quand le virus a craqué pour l’hôtesse ou pour les pastas


Eh oui vous qui avez le fantasme de l’hôtesse de l’air, ne pensez-vous pas que cela peut affecter … Non ok, d’accord c’est pas pour ça que le virus est monté dans l’avion mais le truc à retenir c’est qu’il y est monté. Notre non-ami il voulait probablement voir l’Italie, la Dolce Vita, Botticelli, les pastas (grand sujet, on y reviendra aussi).

Il était dans ta télé il y a quelques temps mais ensuite c’est devenu ton voisin, un italien tout autant que Stefano, Marco, Polo… que tu adores. Il visite ces jolis coins où tu es probablement déjà allé. D’ailleurs ta meilleure amie y prévoit un week-end en amoureux très prochainement, si elle savait.
Mais bon concrètement, il est toujours plus dans ta télé que sur le palier. Simplement cette fois on te trouvera probablement assis sur le canapé à regarder la fameuse chaine de temps en temps.

Mais attends attends on était à Wuhan et ses environs, que s’est il passé ? Eh bien notre non-ami on ne pouvait plus s’en séparer. Il faut dire que Coro (eh bien oui on est intime maintenant non ?), il a un sacré taux de reproduction, plus fort que Genghis Khan ou les grenouilles. Après c’est vrai qu’il triche un peu (bouuuuh) puisqu’il contamine quelqu’un puis laisse cette personne transmettre aux suivants. Mais quand même plus de 80 000, juste en Chine, joli score !
Du coup notre cher Xi il a confiné son monde et il a eu la main lourde (étrange non ?). 59 millions de personnes ont été confinées et cela semble avoir fonctionné mais ce peuple millénaire pourtant connu comme discipliné aura laissé sur les réseaux de nombreux témoignages disant, à votre avis ?, que ça ne s’est pas si bien passé que ça…

Et Coro lui il continu son petit bonhomme de chemin. Il se découvre une passion pour les voyages. Un peu de randonnée en Asie c’est agréable, le 13 janvier il commence à se manifester en Thailande. Puis avec ses enfants il part en croisière, il en fait même deux. On est dans une période de comparaison pour trouver les meilleures offres non ? Donc en route sur Le MS Westerdam (Hong-kong) et le Diamond Princess (Japon). Et puis franchement qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour ne pas reprendre le boulot après les vacances, certains ont trouvé la solution.

Le bateau mais aussi l’avion, le train, à pieds, à cheval… Coro vit avec son temps, il utilise tous les moyens de transports modernes. Donc le voilà parti au-dessus de la mer de nuages, à la découverte de la vieille Europe dont on vante les merveilles, mais pas que. Il est parti pour voir le monde entier, tel un touriste adepte de Trip advisor, il compte visiter tous les lieux recommandés, et les autres aussi.

On est un mois après la nouvelle année, on pense à ses prochaines vacances, au ski, aux prochaines soirées qu’on va organiser pour le week-end prochain… et un peu, juste un peu à cette situation qu’on a vu toujours sur la fameuse chaîne prendre de l’ampleur en Asie. Ça commence à venir dans les conversations mais alors que le 1er cas de contamination directement sur le sol français sera annoncé le 30 janvier, on s’en sent loin très loin. Je ne sais pas si c’est la faute des théories conspirationnistes qu’on entend régulièrement, du déluge de nouvelles mondiales complexes, de la tranquillité du gouvernement, des petits problèmes quotidiens… mais à ce moment-là le niveau d’angoisse est au niveau d’une fake news relayée par les réseaux sociaux, on entend mais on ne percute pas, you are far far away, I will see later.